dimanche 11 mai 2008
Souvenirs
sous X
Je les sens, là loin contre moi. Ils pullulent à ma surface, disparaissent à mon orbite. Souvenirs imperturbables caressant mon âme et mon désarroi, le poil me frissonne, je m'emporte... Je sanguinole et me fends d'un sourire aigre. Les douleurs du temps sont mélasse dans laquelle s'enfoncer, qui étouffe, qui viole. Par foi, j'ai baigné de lumière mon précipice, miroitant d'acide rancœur. J'ai cherché mon Soleil au fond de l'éternité, pourtant l'amour est à mes portes. Le timbre froissé sonne sur ma lande dévastée alors que je t'aime ; il n'y a jamais eu que toi.

Vois ce monde créé pour toi. Il n'est pas grande merveille mais je te le dédie. Fées et autres créatures fantastiques n'y sont que pour ton bon plaisir, je ne veux que ton bonheur. Ce n'est pas une cage dorée que je t'offre, je ne songe pas à t'enfermer. Je t'aime trop pour cette pensée-là. Je te veux près de moi, mais que tu sois libre avant tout. Je t'aime de tout mon être, de toute mon âme, n'est-ce pas stupide ?
De
l'éducation possessive
Je l'aime de tout mon être, de toute mon âme, n'est-ce pas stupide ? Selon les préceptes du matérialisme dans lequel la société s'empêtre, l'amour n'a aucune utilité. Diktat de l'utilitarisme sans fond, il ne peut répondre à la blessante question « A quoi ça sert ? », et pour cause qu'il s'agit d'un sentiment, simplement. Alors oui, l'amour est stupide, irréfléchi, emporté, profond, et c'est ce qui fait toute sa beauté, tout son pouvoir. Car s'il ne sert, il peut et beaucoup.
Il est bien souvent considéré comme un trouble psychologique, à fort pendant d'une pathologie psychiatrique, le rejet – total ou non – éprouvé par des enfants à l'égard de leurs parents, leur haine incommensurable envers leurs propres géniteurs, une aversion que ceux-ci cherchent à guérir sinon expliquer. Notons que pareil type d'affection n'est pas une reconnaissance sexuellement transmissible. Parallèlement, les thérapies de charlatans agrégés ou non se multiplient dans le but de forcer l'amour d'enfants jugés fautifs et décevants de ne répondre à ce que leurs parents donneraient supposément et selon ces derniers d'affectif ou de matériel.
Que chacun d'eux se demande s'il lui est tenu rigueur que la tête de tel ou tel passant ne lui revienne pas, qu'il ne soit capable d'aimer n'importe quelle personne prise au hasard dans quelque milieu que ce soit, ou même qu'il ne puisse l'expliquer autrement que par des parce que vides et sans suite. « On ne choisit pas ses parents », que cela puisse pour une fois servir de leçon à ceux qui sont réellement impliqués, et non pas seulement à ceux à qui on essaie de faire la morale.
Parents indignes, je me demande si tout ce que vous faites pour votre progéniture, le meilleur, le mieux possible – pour eux, mais selon vous quel paradoxe ! – est fait avec leur assentiment. Accordez-vous crédit à quelque concertation sur vos desseins quant à une vie qui n'est pas la vôtre ? Une vie ne s'appartient pas, sauf par la personne qui suit son cours propre ! Alors que cessent, je vous en supplie, ces droits et devoirs des enfants bons à tout mais surtout à rien. Tout comme la polémique persistant à propos des femmes sur ce même dernier point, la distinction ne perdurera que tant que les différences seront marquées (la Journée Internationale de la Femme !) et entretenues (tiens, la Saint Nicolas...) !
De plus, d'où vient ce prétendu besoin ou cette fumeuse gratification de posséder sa propre descendance, ses enfants? L'humanité serait-elle devenue à ce point matérialiste qu'elle veuille se targuer de posséder une chair qui n'est pas la sienne, que ce soit même par procuration ? Les hormones se jugulent, l'appel à sa véritable nature ne tient qu'à redéfinir cette dernière. Et ainsi, l'onanisme est une voie de réflexion transitoire. Usons de nos méninges, pour une fois, cela ne devrait pas trop nous faire de mal.
Je sais qu'il est aisé de se plaindre de ses parents, qu'ils font leur possible qui n'est jamais assez, de leur mieux qui est souvent pire que ce qu'il n'aurait du être, mais que leur rôle est ô combien ingrat. Peut-être est-ce incivique, asocial ou amoral, ce n'est pas mon souci, mais alors pourquoi procréer si c'est se renfermer comme victime à la moindre remarque blessante, à la moindre attaque du rôle parental? Les fruits de vos entrailles se réservent peut-être le beau rôle, mais ils n'ont pas choisi de vivre ! , au contraire, cela leur est imposé comme de nombreuses décisions qui les concernent, n'est-ce pas?
Je me souviens de penseurs bretons qui, à la charnière de l'Ancien et du Nouveau Monde alors que le christianisme émergeait, défendaient le libre arbitre du nouveau-né afin de rejeter l'opprobre du pêché originel. Pourquoi ne pas demander leur avis à ces petits bouts de chairs roses qui ont une conscience totalement vierge de votre perversion, dotés de bien plus de connections synaptiques que vous en votre âge avancé ? Je crois que cela ne respecte aucunement le libre arbitre des nourrissons – mais qui s'en soucie ? – alors que d'aucuns sont d'accord pour défendre des notions comme la liberté d'expression, le souci des libertés individuelles, ... Mais d'aucuns sont souvent hypocrites, stupides et dans le faux.
Il est possible de créer un foyer d'enfants adoptés, une véritable famille axée sur l'adoption, mais pas tant que subsistera ce sentiment de lien avec la chair et le sang, la race-famille. Puisque les grandes images font souvent beaucoup d'effet, sachez que c'était là-dessus qu'était basé le régime nazi, en plus du sentiment belliciste évidemment, mais cela est d'un autre ressort.
En tant que piètre humain, je ne me vois parent que dans le désir d'enquiquiner une partie de la création – ou dans son entièreté si je le désire dans mes plus grandes aspirations – avec une créature qui hériterait de mon patrimoine génétique, en espérant qu'elle le fasse autant que moi. Je transmettrais au plus possible mes gênes de l'emmerdeur, ce serait fabuleux. Il serait aussi jouissif de l'affabuler d'un prénom qui me rendrait fier – mais j'en doute –, ou me gonflerait d'orgueil d'avoir trouvé quoique ce soit de recherché... J'en ris d'avance.
J'ai une autre idée : l'idée des mères-pondeuses et des pères-ensemenceurs ? Ou bien même que chacun donne ses gonades à un organisme légal, afin que de fabuleux bambins soient élevés en culture. Mais on tomberait rapidement dans l'univers du Passeur ou du Meilleur des Mondes, dans le meilleur des cas.
Au fait, une bonne dictature, bien rigide comme une verge turgescente et sèche comme le vagin d'une nonne, serait une aimable solution à beaucoup de problèmes. Avec une grosse guerre, bien destructrice et permanente, pour exterminer nos excédents de chairs sociables qui seraient convertis par après en plats préparés distribués largement dans les supermarchés à crédit.
Mais je m'égare. Mon raisonnement me pousse à croire que l'utilitarisme humain est sans nul doute en plaie, que la recherche de profit et de gratification de chaque être de boue pousse chaque fois un peu plus sa planète vers la destruction, mais cela est sans parler du délire possessif presque constant, que l'on nomme propriété, surajouté d'une généralisation du phénomène en divers domaines. L'horreur sans nom en découlant réduit à néant toute initiative désintéressée, mais empêche aussi de se questionner consciencieusement sur les commerces que l'on pourrait tenir, qu'ils soient d'espèces sonnantes et trébuchantes ou d'idéaux... L'homme ne sera bon et altruiste en toutes largeurs, et pas seulement avec des semblables auxquels il s'identifie, que quand il pourra se défaire de son sentiment de supériorité, de son désir de posséder et l'argent et le pouvoir. Alors seulement pourra-t-il tenter de sauver sa planète !
lundi 28 avril 2008
Nature.
Le fin rayon d'un Soleil splendide traverse l'air, scène figée sur une époque révolue, rêveuse. Le carreau traversé, les photons vont à leur grande aventure domestique. Petites entités jouant à l'écart du brouillard, corpuscules lumineux et joyeux issus du Néant pourtant si sombre et si profond, ils illustrent à merveille la foule de médiocres – des modérés discriminés –, cette masse de communs êtres de chair joyeuse dont parfois s'échappe l'une ou l'autre lumière.
Excitants-excités, cette joie en essence fait luire les vernis victoriens qui, en réponse amicale, les renseignent aux livres alentours. Une bibliothèque ! , ô chance insoupçonnable ! Les minuscules éléments d'onde et de matière sont le fruit premier de la création génésiaque, de ce livre nommé Bible qui sommeille certainement quelque part dans les rayonnages. Ils sont le jour et leur absence est la nuit, de même sont-ils les aides des lecteurs assidus qui, d'une chandelle, parcourent cette bibliothèque. La lecture a besoin de lumière, à l'instar de celle que son activité prodigue.
Les oiseaux subtils chantent triomphalement, chaque matin, leur venue, leur descente magistrale sur les mondes endormis. Le canard les salue de son envol matinal, au contraire du hibou qui les fuit pour s'enfoncer dans le sommeil le temps qu'ils repartent.
La lame d'émulsion d'argent est une belle création humaine, quoique d'un artifice complet. Dans un boitier sylvestre, Les photons s'impriment en grains forts sur la plaque, comme des larmes de couleurs étroitement disposées sur la mince surface, à peine plus brillante que le flanc d’une soupière d'argent elle aussi. En parlant de soupière, ils s'y baignent allègrement, et font miroiter le délicieux breuvage titillant les papilles gustatives. Sur la lame s'étend le paysage aimé, sur cette oxydation de quelconque fabrication photon-graphique. La pince retire l'image immortalisée de sa chambre, et la pose bien en vue dans un cadre sur l'étagère.
Mais comment rendre la force des éléments par quelques facétieuses particules de lumière prises au piège dans une maigre boîte de bois? Comment saisir la colère du ciel, la beauté des éléments, les verts chatoyants d'une vallée accueillante, ou le noir zébré de blanc de nuages dodus d'eau et d'électricité? Ce serait comme conférer la finesse et la légèreté du tulle à un grossier tricot de laine vierge. L'habileté seule de l'artiste permet-elle de faire la différence? De plus, la seule véritable artiste, aux créations inouïes dont nous profitons chaque jour à l'excès, n'est-ce pas Dame Nature elle-même?
De prétentieux humanoïdes tentent par divers subterfuges de palier à leur soumission aux éléments, de se donner la fausse impression de force et de pouvoir sur toutes choses. La beauté, ils la copient, la dupliquent la pervertissent et jamais ne l'égalent... Et moi, je regarde.
jeudi 17 avril 2008
S'amuser...
S'âme-user,
c'est s'aigrir?
mercredi 16 avril 2008
Larmes du Crime V - Finale
Larmes du crime
Fou d'une réalité qu'il suspecte, le sain d'esprit dans les méandres de son imagination voit le rêve en forme et place de son plaisir, l'envie de la chair de vie. D'âme vile et champêtre, il erre dans la Cité de Lumière tel l'aveugle sourd aux prières, à la recherche d'un éphémère constamment perdu. De sa canne il remue les trésors macchabées qu'il écrase de ses lourds sabots, et sourdrent mille rivières ensanglantées, richesses du Roi Sans Vie perdu dans l'abîme d'un ciel écarlate. Affectionnant par le miracle de ses sens occultes la torture de sa Dame aux Clefs – libératrice –, l’estropié perd le chemin effilé la porte de la Forge aux Idées, tourbillon ardent de ferventsesprits éclairés.
Le lucide, doué de sens fidèles et pervers, rend sa folie à la réalité qu'il abhorre, douleur des honnis de sa science, aux doux bourreaux interprètes d'une louange tronquée... Muet, victime de l'hypocrisie de la fatalité, il brandit par force et par bienveillance, clairvoyant et attentif, l'ether des paradis éphémères pour sa décadence. Il brûle, boucher des faibles, l'inexpugnable ville d'illusions pour la gloire de ses bourreaux qui l'intronisent la couronne d'épines haute et claire!
L'idée navigue sur les flots tumultueux de la déraison, frêle esquif malmené par les pulsions éthérées d'un esprit tourmenté. Aveugle, sourd ou muet, le Néant ne l'est plus.
Le
mathémagicien détruit le Chaos pour construire le Néant.
La douleur a sonné et ainsi, au loin sur les berges de la conscience, une étincelle... L'Enfant, fruit de soufre et de souffrance, sorti de la fournaise dont il se repaissait, Forge d'Idées brûlante, oeuvre sans relâche depuis l'aube d'un temps enchaînant l'autre.
Vaisseau
fendant l'océan vermeil,
L'esprit du poète de fortune traverse l'Imagination...
Grand observatoire errant, il s'émerveille,
D'un monde où sonne la dévastation...
L’aveugle, sourd et muet, le sain d'esprit – définitivement –, accroît ses perceptions, ses sentiments renfermés, un regard clos sur une dévastation qui lui est propre. Son monde, son univers. Ce qu’il perçoit lui vient de ce qui veut bien lui être donné, et par là de ce qui y est associé. Son horreur grandit, ô déshonneur, lorsqu’une fois son bâton perdu, cette chère canne aux vibrations de laquelle il se dirigeait, il se met à ramper parmi les cadavres et à y poigner. Ses doigts poisseux s’enfoncent dans les orbites pleines d’un crâne auquel il s’agrippe, fraîchement échoué là. Les derniers fluides s’épanchent sur sa main, des lambeaux de chair putréfiée tombent sur son visage alors qu’il lance la tête au loin, jamais plus solidaire, lui écœuré par ses pernicieuses sensations. Ecœuré, oui, son organe si précieux tombe à terre, parmi les restes d'humains ou de toute autre créature infecte jonchés là, précédé de ses tripes. Le corps ouvert, la mort et la pourriture suintent hors de lui, accroupi et dépérissant. Un tas de restes laissés là par la vie, pour la sienne, s’étend jusqu’à l’infini de son agonie. Il en est, il le sait maintenant. Il est venu en ce lieu reculé pour mourir malgré lui, comme ses congénères et d’autres. Ses organes sont à ses genoux, ses membres lui tombent, sa chair tuméfiée tapisse le sol. Il a vécu, il ne s’en était pas même rendu compte… Une larme, chargée de pus, une larme, son infection humaine, roule le long de sa joue, coule dans les rainures laissées sur les muscles, dans la chair à vif, ralentit quelque peu dans le creux de sa mandibule inférieure qui pend l’os à l’air, pourrit jusqu’à sa moelle et tombe, ponctuant le tas fumant devant le corps qui suit le mouvement de chute.
L'être de lucidité, torturé par ce qu'il ne peut s'empêcher de saisir ou de sentir, terrorisé par ce qu'il pourrait bien encore découvrir de pire, puise au loin et au plus profond dans sa mémoire des bribes et des balbutiements de plaisir. Il s'enivre d'oubli, des réminiscences d'un temps clair et agréable s'abattant sur son esprit. La mémoire lui perce les yeux de larmes et l'emmène au loin de souvenirs de douleurs passées, présentes et futures, dans un monde de couleurs, de sons et de senteurs où il évoluait alors qu'il n'était déjà plus qu'un enfant.
Né de la douleur de son penseur, l'Enfant erre sans but distinct à travers les brumes et les torrents pourpres. Une citadelle – nécropole par défaut – se dresse au-dessus des flots sanguins s'échappant de son pied, dévalant les pentes, ravinant les rues qu'on ne distingue bientôt plus du reste de la ville orpheline. Les massacres et les crimes de pensée ont foulé la funeste qui s'échappe en tourments, en abjections et en silences. Sur ce tas fumant de corps jonché ça et là de quelques amas de briques et de pierres, restes antiques d'une civilisation qui ne se contentait d'armatures toutes de tibias et de fémurs, vient un homme appuyé sur son bâton quoiqu'il semble que ce soit plus le bâton qui s'appuie sur lui qu'inversement. Dans la fleur de l'âge, il ne souffre plus que de la décrépitude du temps qui s'écoule impassiblement. Plus il avance, plus il se voûte et se tasse. Alors que déjà tout recourbé, la putréfaction s'empare de lui et, le point de rupture atteint, il s'écroule en un tas d'humeurs et de passions, de rêves et d'affres, de passions. L'Enfant s'approche, souriant.
Depuis les hauteurs dans son palais d'horreur et d'ignominie, le Roi Sans Vie – ou lucide, ou tueur de lumière – règne sur un champ discordant de cris et de hurlements, de monceaux et de morceaux épars. Sur son trône, dans sa citadelle de solitude, l'immortel rêve de ses heures passées, des heures longues et sans fin parcourant sans arrêt le fruit de sa mémoire. Le papillon solitaire lui passe sur l'écran imaginaire, l’éblouissant de pureté. Alors il déclame malgré son aphonie les mots sonnant dans la lumière sépulcrale de la salle, les sons s'entrechoquant dans les rais de lumière perçant les fenêtres étonnement encore munies de leur fins carreaux:
Vis,
Le monde est beau, parait-il.
Vole,
Le ciel est bleu, beau volatile...
Viole,
Le fond de mes yeux vitriol...
Papillon sublime.
Il n'a comme sourire que des dents, toute sa bouche n'est que de grandes dents blanches et de cisaille, fermoirs d'un orifice normalement béant. La langue pourléchant les babines est aisément imaginable, fine tranche de chair rose enduite de salive aux reflets blancs déposent sur les muqueuse une pellicule de bave, mais il n'en est rien que des dents blanches en cisaille. Il s'approche, imperceptiblement mais inexorablement, du tas informe de chairs en décomposition et d'espoirs déchus, mené par ses sensations qu'il ne maîtrise pas. Ce qu'il ressent est si réel, il ne demande qu'à y mordre à pleines dents, à y goûter allègrement. L'Enfant fouille dans les lambeaux, projette un bout de bois au loin, étale encore plus sur le sol infesté d'immondices des restes et des pensées inavouables. Il poigne à pleines mains dans ce qui fut un jour – mais lequel ? – un homme sain d'esprit, aveugle aux lumières des connaissances et des vérités mais induit à s’approcher au plus près de ces merveilles. Voilà donc pourquoi ce qu’il restait d’homme s'échoua là sur les flancs de ce tas innommable, près de cette si intense lumière. Mais était-ce bien la première fois ? Cette coquille tourmentée, cet esprit vide qui sourit à pleines dents, le transportera jusqu'à ces sommets luisants brillant dans l'infini.
L’être de chair imaginée rien que de limbes et de souvenirs, bipède évanescent, s’avance le visage baigné de larmes, de fines étoiles roulant sur ses joues. Ses mains tendues devant lui tentent d’occulter la lumière tellement vive qu’elle les brûle. Quelle folie le prit, laquelle l’aveugla ? S’avancer ainsi vers les délectations douloureuses et les douleurs heureuses sonne le glas de sa rédemption. Le feu le prend, le consume. Bouche bée, il tente de crier toute sa peine, d’exhaler toute sa peur. Mais il n’en est rien : seules les flammes s’échappent de son énorme bouche grande ouverte, léchant son visage et mangeant sa peau. Ses yeux ainsi brûlés, morts dans leurs orbites, se consument peu à peu. Le cristallin n’offre plus de vue que sur la fournaise de son esprit, de son cerveau enflammé. Alors les yeux ne sont plus que de petits cailloux noirs et inutiles, fenêtres sur une lande grise de cendres et sombre de suie La vie en lui s’éteint après cette flambée fantastique, du moins seul l’esprit parasite en est pareillement affecté. L’Enfant, lui, s’en sort indemne. La petite chose espérait tellement de cette nouvelle vie à sa disposition. Elle essayera encore, une autre fois, dans un autre corps, dans une autre âme innocente ou non – qu'importe ! –, d’atteindre ce qui lui est immuablement interdit. Elle brille tellement, cette lueur en haut de la cité. Et il y arrivera, une autre fois, sans ce corps rabougri qui s'extirpe des torpeurs de l'absence pour se hisser sur les membres de la créature siégeant, même malmenée, sur le trône d'airain.
Laisse-moi te conter mon histoire.
Mais d’abord, je tiendrai le silence de mon mutisme pour chaque instant de
l’Histoire de l’humanité que je ne conterai, à la proportion du temps et de l’éternité
qu’accaparerait mon récit. Car du passé
je viens, moi la créature que les ancêtres ont dans le présent.
L’être mourut sans jamais plus prononcer un mot et le pantin sur ses genoux, l'idée dévastatrice qu'il eut un jour oublié, enfonce sa main dans la poitrine pour lui presser le coeur à intervalles réguliers. Il doit vivre ! , afin que l'espoir en quelque forme qu’il soit subsiste, même pour ce pauvre esprit qui – même s'il est sain –, qui peupla les flancs du domaine de moins en moins bien défini au cours des mouvements de l'éther, qui afflue de la lumière et reflue dans les flotts tumultueux de la déraison.
Contact atroce de sa main contre mes sens, la douleur m'envahit peu à peu qu'elle se fait plus invasive et pénétrante. Elle serre de ses membres fourchus mon cœur qu’elle saigne, mon esprit qu’elle purge, et sa bouche contre la mienne m’insuffle son don destructeur, un baiser mortel... Elle s’appelle « vie », parasite de mon corps, et elle me mène à la mort à travers les battements du temps, infinité de secondes qui ne s'écouleront jamais plus pour moi.
Il est l'imagination en elle-même, sa quintessence, son épure. Immortelle aide aux malheurs, aurait-il été possible qu'il trépasse même selon son propre don? Car qui règne là au plus profond des la lumière? Quelle est cette chose qui brûle et qui peuple les pays d'exquis cadavres, celle-là même qui permet toute les folies et les rend possibles, ce qui est par delà la mort?
La religion.
Foutaises ! , ne croyez-vous pas en l'Amour? Lui aussi fait pleurer et commet les pires crimes, mais il est des heureux d'une destruction spontanée, sublime, enivrée. Il dépasse toutes les idées, même celle du suicide de l'imagination. En a-t-il même besoin? Il est plus fort et plus complet que toute forme d’imagination et c’est le restreindre que de lui chercher des expressions et des formulations les plus inventives. Par définition, elles ne valent pas ce qu’elles tentent d’approcher, à moins de ne chercher dans la simplicité.
Je t'aime...
mardi 18 mars 2008
Enfin !
Quitte d'un travail que j'ai adoré
et qui m'a rendu malade.
Enfin pouvoir me reposer...
vendredi 7 mars 2008

jeudi 6 mars 2008
Piètre...
La philosophie n’a pas d’avenir, aucun avenir dans la société… Voilà ce pourquoi je ne suis autorisé, faute d’arguments autres que mes passions et mon intuition, à entamer des études en cette voie. Celles-ci me plaisent pourtant, ô combien de manière délicieuse, et correspondent à mes attentes de culture de l’esprit, en implications et en applications… Mais rien de probant ne peut étayer mon goût, mes larmes et ma sincérité n’ont là aucun pouvoir.

Moi qui m’autorisait malgré toutes mes réticences à devenir des adultes, par la voie de la réflexion que je choisis, en manière la plus profonde, celle-ci mes refusée selon des principes du monde dans lequel je suis en passe d’entrer : l’argent et l’avenir qu’il assure, de même que la notion de profit et l’inanité du désintéressement qui, après le désintérêt, est devenu inintéressé et, ainsi, inintéressant. Je n’ai par là, par ce refus, plus aucune aspiration à la majorité, je l’exècre même complètement si l’augure qui m’en est faite est avérée… Je suis revenu à mon point de départ de mon indécision, à savoir quoi faire l’an prochain de mon vide inter-neuronal. Quelle horreur que l’immobilisme ! J’ai besoin d’aide, d’avis.

De plus, si la philosophie n’a formellement aucun avenir, à la seule considération utilitariste sacrifiant au culte du dieu profit en espèces d’un métier probable en échéance, alors l’humanité est bien pire que je ne l’aurais jamais pensé, puisque la science philosophique est sa tête, son corps, son passé, son avenir, son présent… Mais qui se pose encore des questions là où l’on se satisfait d’idées toutes faites, rédigées à l’emporte-pièce, s’accommodant admirablement du déjà dit et du déjà pensé?

S’il me faut choisir le contenu des cinq années environ de l’enseignement le plus passionnant de mon éducation formelle, le seul qui puisse subsister encore dans cette morne société, et de plus selon les seuls débouchés auxquels je devrais me frotter, alors je refuse d’aller plus loin. Je ne veux que choisir la culture de l’esprit, dans sa quintessence en l’érigeant en mode de vie ! Voilà pourquoi ces études…

Si être adulte cela signifie avoir un boulot raisonnablement (quelle horreur que d’y considérer quelque raison !) bien rémunéré, apportant l’argent nécessaire à l’établissement d’un « ménage », et par voie de faits, assez pour subvenir à quelques procréations, alors je refuse catégoriquement d’être de cet âge. Si la responsabilité entraîne le morne, cruel, inodore mais acide, alors je la refuse et je m’entête. Tel un enfant caractériel.

Qui accepterais de vivre continuellement avec un enfant, l’un de ceux refusant catégoriquement de vieillir ? Voulant être, éternellement, comme Peter… Peut-être d’un Ange, voudra-t-elle bien devenir une Fée, comme la douce Clochette, cette ingénie conscience.


Je suis Peter Pan. Peter Pan. Peter. Peter Pan. Pan. Pan. Pan! Pan! Pan! PAN! PAN!

mercredi 20 février 2008
Il est hautement décevant, et
marquant d’horreur alors que prévisible, de se rendre compte à quel point le
sens commun pervertit ce qu’il croit être en acception l’évolution… Cette
nouvelle conception se réclamant du darwinisme est une transgression totalement
discordante de la première théorie. En effet, le darwinisme prône une seule
adaptation « au mieux » à un milieu changeant, dans la vie et dans l’évolution,
or même cette dernière conception est faussée : l’évolution ne tend pas à
un achèvement en perfection – celle-ci se serait immuable et donc inappropriée passant
–, mais un changement. Selon ces nouvelles données, dès lors la thèse faussée
se dévoue à une évolution tendant, en perfection, à l’humanité en finalité de
celle-ci, alors qu’elle n’en est qu’une simple forme, une seule branche –
minime même comparée à l’importance en nombre des insectes – dans un « arbre
de vie planétaire » quoique théorique… Et le contraire est pur orgueil de
se croire « supérieur » suivant le dessein d’une prétendue
perfection, d’un mystique achèvement…
Et l’humanité en elle-même est
sujette à quelques évolutions ou involutions, résumées à une sordide stagnation
corrosive, inhérentes à cette race parmi des multiples peuplant le sol terrien –
loin de l’idée qu’elle y ait quelque prédominance, mais son pouvoir d’exploitation
destructif demeure être le plus puissant –, ce qui ne heurte rien en évidence,
étant donné que l’immobilisme reste de mise.
La pauvreté, grand fléau de notre
temps mais d’autres aussi, est l’une des ressources les plus importantes de la
richesse… Et ceux qui sont au pouvoir – fainéants politiques – ou dans l’opulence,
plus égaux que d’autres, n’ont aucune envie que cela change et d’aucune manière
ne le permettraient de leur plein gré. Non de cynisme ou de pessimisme, cette
situation est « normale » acceptée mais néanmoins inexprimée au
demeurant. D’aucune façon, il est possible que cela soit inhérent à la nature
humaine, en premier lieu égoïste comme l’illustre le besoin incoercible de cessation
de la douleur avant tout altruisme et toute aide dévolue. L’humanité, dans son
acception de caractère de bonté et d’autres ressemble fort à un fantasme
sortant de plus en plus de toute portée. En ce sens, l’humanité se définit
comme un idéal en perfection qu’elle cherche à atteindre et, partant, s’y
rattache par sorte de calcul moral « à la limite ». De cette théorie,
le chaînon manquant est l’homme contemporain, en phase de perfection, et cet
état est imputable à l’impossibilité philosophique – et même de sens commun, en
tout danger accepté – d’atteindre quelque aspect parfait de son être évolutif,
et profitables à toutes les parties et non seulement les oppresseurs ou les
opprimés, les forts ou les faibles, les riches ou les pauvres, … Politiquement,
comptant que les tergiversations politiques puissent avoir quelque réelle incidence
bénéfique socialement, certaines croyances sont représentées dans se cadre :
le capitalisme et le communisme, dans l’exemple.
Le capitalisme – maintenant dénommé
libéralisme par souci « politiquement correct », en ayant les mêmes
résultantes alors que partant différemment – joue sur les inégalités et les
fractures économiques pour perdurer et s’asseoir sur cet résultante sociale. Les
riches n’ont absolument aucune utilité, ce serait antinomique, de voir les
classes soumises et inférieures s’enrichir, cela signerait la perte de leurs
deniers tant précieux. A l’inverse, le communisme semble bien « contre-nature »,
par le renoncement qu’il induit dans les mœurs, et social et domestique, ce qui
reste fort bien inconcevable dans le matérialisme ambiant… Le moyen monétaire
qui permettrait de le faire perdurer financièrement, puisque là-dessus réside
la situation actuelle et donc la base de quelque révolution s’il en est, et
justement de le détruire lui-même, au profit d’un être humain monétairement
désintéressé… Utopie peut-être bien. L’état naturel, à son sens premier, ne se
retrouverait qu’en anarchie, puisque toute revendication politique vient d’un
mal-être, mais la tyrannie est plus savoureuse, l’être humain n’aime pas
penser.
dimanche 17 février 2008
Plume souvenir
Je peins de ma plume acérée de sombres paysages d'imagination et de souvenirs modulant sur les lignes de vie papeterie. Graphomanie.

Futile un temps malheureux où je m'apaisais en spécieuses perditions, brumes diffuses sur le reflet de mes yeux gris pleurant sèchement la bêtise à laquelle je me livrais sans vergogne. Reflets sanglants et charnels, les réminiscentes douleurs violent le fond de mes yeux vitriols... La main angélique par-delà le mur doucereux de l'amnésie m'en emporte loin, très loin. Je suis apaisé, enfin.
Toi l'enfant de lumière, vis... Car tu sais, fils de vertu, que l'enfant de l'homme et de la femme se nourrit du sein de sa mère et de la bourse de son père.

