mardi 13 mai 2008
To be is to do. - Socrates
To do is to be. -Sartre
Do Be Do Be Do. -Santana
dimanche 11 mai 2008
Souvenirs
sous X
Je les sens, là loin contre moi. Ils pullulent à ma surface, disparaissent à mon orbite. Souvenirs imperturbables caressant mon âme et mon désarroi, le poil me frissonne, je m'emporte... Je sanguinole et me fends d'un sourire aigre. Les douleurs du temps sont mélasse dans laquelle s'enfoncer, qui étouffe, qui viole. Par foi, j'ai baigné de lumière mon précipice, miroitant d'acide rancœur. J'ai cherché mon Soleil au fond de l'éternité, pourtant l'amour est à mes portes. Le timbre froissé sonne sur ma lande dévastée alors que je t'aime ; il n'y a jamais eu que toi.

Vois ce monde créé pour toi. Il n'est pas grande merveille mais je te le dédie. Fées et autres créatures fantastiques n'y sont que pour ton bon plaisir, je ne veux que ton bonheur. Ce n'est pas une cage dorée que je t'offre, je ne songe pas à t'enfermer. Je t'aime trop pour cette pensée-là. Je te veux près de moi, mais que tu sois libre avant tout. Je t'aime de tout mon être, de toute mon âme, n'est-ce pas stupide ?
De
l'éducation possessive
Je l'aime de tout mon être, de toute mon âme, n'est-ce pas stupide ? Selon les préceptes du matérialisme dans lequel la société s'empêtre, l'amour n'a aucune utilité. Diktat de l'utilitarisme sans fond, il ne peut répondre à la blessante question « A quoi ça sert ? », et pour cause qu'il s'agit d'un sentiment, simplement. Alors oui, l'amour est stupide, irréfléchi, emporté, profond, et c'est ce qui fait toute sa beauté, tout son pouvoir. Car s'il ne sert, il peut et beaucoup.
Il est bien souvent considéré comme un trouble psychologique, à fort pendant d'une pathologie psychiatrique, le rejet – total ou non – éprouvé par des enfants à l'égard de leurs parents, leur haine incommensurable envers leurs propres géniteurs, une aversion que ceux-ci cherchent à guérir sinon expliquer. Notons que pareil type d'affection n'est pas une reconnaissance sexuellement transmissible. Parallèlement, les thérapies de charlatans agrégés ou non se multiplient dans le but de forcer l'amour d'enfants jugés fautifs et décevants de ne répondre à ce que leurs parents donneraient supposément et selon ces derniers d'affectif ou de matériel.
Que chacun d'eux se demande s'il lui est tenu rigueur que la tête de tel ou tel passant ne lui revienne pas, qu'il ne soit capable d'aimer n'importe quelle personne prise au hasard dans quelque milieu que ce soit, ou même qu'il ne puisse l'expliquer autrement que par des parce que vides et sans suite. « On ne choisit pas ses parents », que cela puisse pour une fois servir de leçon à ceux qui sont réellement impliqués, et non pas seulement à ceux à qui on essaie de faire la morale.
Parents indignes, je me demande si tout ce que vous faites pour votre progéniture, le meilleur, le mieux possible – pour eux, mais selon vous quel paradoxe ! – est fait avec leur assentiment. Accordez-vous crédit à quelque concertation sur vos desseins quant à une vie qui n'est pas la vôtre ? Une vie ne s'appartient pas, sauf par la personne qui suit son cours propre ! Alors que cessent, je vous en supplie, ces droits et devoirs des enfants bons à tout mais surtout à rien. Tout comme la polémique persistant à propos des femmes sur ce même dernier point, la distinction ne perdurera que tant que les différences seront marquées (la Journée Internationale de la Femme !) et entretenues (tiens, la Saint Nicolas...) !
De plus, d'où vient ce prétendu besoin ou cette fumeuse gratification de posséder sa propre descendance, ses enfants? L'humanité serait-elle devenue à ce point matérialiste qu'elle veuille se targuer de posséder une chair qui n'est pas la sienne, que ce soit même par procuration ? Les hormones se jugulent, l'appel à sa véritable nature ne tient qu'à redéfinir cette dernière. Et ainsi, l'onanisme est une voie de réflexion transitoire. Usons de nos méninges, pour une fois, cela ne devrait pas trop nous faire de mal.
Je sais qu'il est aisé de se plaindre de ses parents, qu'ils font leur possible qui n'est jamais assez, de leur mieux qui est souvent pire que ce qu'il n'aurait du être, mais que leur rôle est ô combien ingrat. Peut-être est-ce incivique, asocial ou amoral, ce n'est pas mon souci, mais alors pourquoi procréer si c'est se renfermer comme victime à la moindre remarque blessante, à la moindre attaque du rôle parental? Les fruits de vos entrailles se réservent peut-être le beau rôle, mais ils n'ont pas choisi de vivre ! , au contraire, cela leur est imposé comme de nombreuses décisions qui les concernent, n'est-ce pas?
Je me souviens de penseurs bretons qui, à la charnière de l'Ancien et du Nouveau Monde alors que le christianisme émergeait, défendaient le libre arbitre du nouveau-né afin de rejeter l'opprobre du pêché originel. Pourquoi ne pas demander leur avis à ces petits bouts de chairs roses qui ont une conscience totalement vierge de votre perversion, dotés de bien plus de connections synaptiques que vous en votre âge avancé ? Je crois que cela ne respecte aucunement le libre arbitre des nourrissons – mais qui s'en soucie ? – alors que d'aucuns sont d'accord pour défendre des notions comme la liberté d'expression, le souci des libertés individuelles, ... Mais d'aucuns sont souvent hypocrites, stupides et dans le faux.
Il est possible de créer un foyer d'enfants adoptés, une véritable famille axée sur l'adoption, mais pas tant que subsistera ce sentiment de lien avec la chair et le sang, la race-famille. Puisque les grandes images font souvent beaucoup d'effet, sachez que c'était là-dessus qu'était basé le régime nazi, en plus du sentiment belliciste évidemment, mais cela est d'un autre ressort.
En tant que piètre humain, je ne me vois parent que dans le désir d'enquiquiner une partie de la création – ou dans son entièreté si je le désire dans mes plus grandes aspirations – avec une créature qui hériterait de mon patrimoine génétique, en espérant qu'elle le fasse autant que moi. Je transmettrais au plus possible mes gênes de l'emmerdeur, ce serait fabuleux. Il serait aussi jouissif de l'affabuler d'un prénom qui me rendrait fier – mais j'en doute –, ou me gonflerait d'orgueil d'avoir trouvé quoique ce soit de recherché... J'en ris d'avance.
J'ai une autre idée : l'idée des mères-pondeuses et des pères-ensemenceurs ? Ou bien même que chacun donne ses gonades à un organisme légal, afin que de fabuleux bambins soient élevés en culture. Mais on tomberait rapidement dans l'univers du Passeur ou du Meilleur des Mondes, dans le meilleur des cas.
Au fait, une bonne dictature, bien rigide comme une verge turgescente et sèche comme le vagin d'une nonne, serait une aimable solution à beaucoup de problèmes. Avec une grosse guerre, bien destructrice et permanente, pour exterminer nos excédents de chairs sociables qui seraient convertis par après en plats préparés distribués largement dans les supermarchés à crédit.
Mais je m'égare. Mon raisonnement me pousse à croire que l'utilitarisme humain est sans nul doute en plaie, que la recherche de profit et de gratification de chaque être de boue pousse chaque fois un peu plus sa planète vers la destruction, mais cela est sans parler du délire possessif presque constant, que l'on nomme propriété, surajouté d'une généralisation du phénomène en divers domaines. L'horreur sans nom en découlant réduit à néant toute initiative désintéressée, mais empêche aussi de se questionner consciencieusement sur les commerces que l'on pourrait tenir, qu'ils soient d'espèces sonnantes et trébuchantes ou d'idéaux... L'homme ne sera bon et altruiste en toutes largeurs, et pas seulement avec des semblables auxquels il s'identifie, que quand il pourra se défaire de son sentiment de supériorité, de son désir de posséder et l'argent et le pouvoir. Alors seulement pourra-t-il tenter de sauver sa planète !

