L'ivresse de la page noire

Mon blog, mon espace personnel, ma page noire blanchie numériquement, mon journal pas/plus très intime. N'hésitez, visiteurs, l'ordre n'est qu'apparence, le déranger n'est pas condamnable. Soyez décent tout de même, exprimez-vous justement et clairement.

lundi 7 janvier 2008

Je pense

 Je pense à ta voix, qui résonne dans ma tête comme une plainte lancinante, un murmure au langage amoureux et à nos seules oreilles. Pourrais-je me passer de son timbre agréable ? Je ne le sais, et j'en doute.

 Je pense à ton regard, dans lequel je me noie et d’Amour et de bienfaisance, qui, pénétrant aux tréfonds de mon âme, sonde mon cœur et mes pensées. Qu’y cherches-tu ? N’en as-tu assez de ma sordide perversion ?

Je pense à ton corps, brûlant contre le mien,  se consommant à l’aurore de tes lèvres et à l’orée de mes doigts, tous de plaisir éclairés. Est-ce là une expression amoureuse ? Est-il de notre Amour véritable ?

Je pense au réconfort, divin bien-être, breuvage des amants. Pourrions-nous nous abreuver à cette source intarissable durant l’Eternité qui concourt à nos rêves ? De tout mon cœur, je l’espère…

Je pense aux ailes que nous nous sommes imaginées, enveloppées d’Amour, de plaisir, de confiance, brassant notre air, notre espace d’un divin secret. Sommes-nous de réels Anges ? Ou n’avons-nous que cette illusion ?

Je pense à nos sens, charnels, ces plaies qui, trompant notre vigilance et nos limites, poursuivent bien au delà encore, sur un simple battement, ce que nos seuls corps nous offrent, transcendant ce que nous en acceptons… Est-ce là encore une expression de notre amour, auquel pourtant nous aspirions par sentiments de tête et de cœur, et non de corps ? Peut-être cet avatar nous rapproche de notre plénitude.

Je pense à notre Amour auquel, aveugle, je ne trouve d’équivalent, aucunement. Sont-ce mes perceptions qui y jouent ? Ou Eros est-il bien unique à chacun ?

Je pense à une vie qui nous est propre, un recueil de nos instants, précieux, le bonheur continu de passions, d’emphases, de contes… D’Amour auquel mes larmes s’ajoutent, d’émotion.

Je t’aime mon Ange, à ma manière, la meilleure j’espère.

Je te remercie pour ce jour, de plus ou de moins qu’importe; pour tous les jours.

Sincèrement, amoureusement.

Et toi, à quoi penses-tu ?

Posté par Platonange à 20:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Imagine, cervelle aux yeux lecteurs...

 Imagine-toi une longue route, tracée droite dans l’immensité d’un paysage offert à ton imagination, s’éteignant en un point à l’infini.

Soit bercée par la monotonie de cette bande courant sous ton esprit, mais émerveille-toi des tableaux fabuleux s’étalant de part et d’autre de la ligne, tous différents et sublimes dans cette homogénéité hétéroclite.

Tantôt une aube d’un matin brumeux, tantôt une aurore boréale, les vues se succèdent de beauté. Tu distingues le Soleil, miroitant dans les eaux d’un bleu profond d’un lac paisible, ou à travers les branchages d’une pinède par ses rayons. Un sommet enneigé, éternel, en est l’éclat de splendeur, bordant l’étendue infinie.

Dors, créature au sommeil, et émerveille-toi…

Posté par Platonange à 20:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Angeles

 Deux Anges ont péché ; ils se sont aimés… Cela interdit au sacro-saint Paradis, royaume béni des eunuques, il correspondit à ce crime de passion un châtiment exemplaire. Ils furent tous deux séparés, envoyés en un lieu bien pire que tout Enfer : la Terre, planète globuleuse bleu sanguinolent, où ils furent condamnés à vivre, ou du moins survivre…

Les Humains, pathétiques êtres de boue – de l’argile ! – , sont les plus vils bourreaux n’ayant jamais existé, dans leur monde où dans un autre, certains mêmes en exercent la profession, alors que ce phénomène est un caractère qui lui est universel et immuable !

Mais ces êtres de chairs, ces acides intelligents, ne sont dénués d’une once de sentiments, permissions pour mesurer l’étendue de leur malheur, qui leur donne l’occasion de se retrouver en couples, même hypocritement…

Alors l’espoir que les deux divins amants se retrouvent et s’avouent l'un à l'autre n’est pas vain…

Mais toujours devront-ils faire face à leurs perfides concitoyens, et résister à leurs attaques, et tenter malgré tout de les élever en conscience... Mais l'amour qui lie les amourants est infini, et il leur donne la force de combattre pour ce en quoi ils croient. A toujours? Jamais le leur dira...

 «Baiser… Ce ne pourrait être que simple apposition des lèvres sur quelque partie du corps, mais l’une de ses formes est la plus sublime d’entres toutes : lorsqu’il est amoureux…

Les odeurs se révèlent, les sens s’exacerbent. Les lèvres s’épient, s’effleurent en parade. Doucement, elles se touchent, plus longuement… Imperceptiblement, elles s’entrouvrent,  livrant leur intimité. Confiantes en la personne aimée, ce sont les désirs qu’elles permettent d’entrevoir et d’exprimer. Les corps brûlent, s’enlacent… Le monde autour des amants n’a plus prise sur eux ; il disparaît, peu à peu, et ne subsistent que les deux âmes amoureuses, unies par un long et profond baiser lui-même, semblant durer l’éternité. La réalité en lâche ses empires, mais elle peut rendre leur communion impossible, du moins assez difficile pour que me vienne l’envie de crier dans tout esprit que je t’aime…»

 «L’Amour, si douce perception, habile perfection, si beau sentiment, est un “nécroleptique”. Je ne peux m’empêcher de vivre, et ne veux que cela cesse sous aucun prétexte, parce que je t’aime ; mais mon état me pose dilemme, car je t’aime, à en mourir…»

Alentours ne sont que limbes, rêves brumeux d’un esprit illuminé d’une étincelle de vie. Jamais l’Ether n’a revêtu plus belle forme.

Les deux âmes s’avancent, évanescentes dans leur nudité émotionnelle, irradiant une douce chaleur, grâce délicieuse… Leur pureté est sans égale, et l'amour les étreint de ses liens agréables et puissants.

Seuls, ensembles, ils se sont libérés de leurs mondes vils et cruels, qui les contraignaient jusqu’auparavant à atténuer la puissance incommensurable de leurs sentiments. Ils sont libres. Les entraves qui saignaient leurs ailes disparaissent, comme à l’éclosion de leur lucidité, et ils prennent leur envol dans la vaste étendue rêveuse.

 Le temps et l’espace ne les sépareront jamais plus, ils s’en sont soustraits. La réalité n’existe plus, il n’existe plus qu’eux. Amants éternels.

Posté par Platonange à 20:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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